communication externe

  • Modifier la communication interne et externe

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    La communication interne

    Comme nous l’avons vu dans le chapitre sur les sources de l’estime de soi, les messages reçus des parents et de tous ceux qui étaient présents dans notre environnement alors que nous grandissions représentent le matériau constructif de notre estime de nous-mêmes. Nous les avons enregistrés et, petit à petit, incorporés dans notre mémoire consciente et inconsciente. Même si les parents sont décédés depuis longtemps, ces messages reçus nous habitent et nous avons pris le relais des grandes personnes présentes durant notre enfance, nous nous les redisons à longueur de journée, nous nous les répétons intérieurement :

    • « tu es maladroit »
    • « tu es bête »
    • « jamais tu n’y arriveras »
    • « tu ne réussiras pas »

    Ce qui nous a été dit et qui nous était si pénible, nous nous le répétons à nous-mêmes, parfois dans une version revue et augmentée tout au long de notre vie. Ces messages que nous nous donnons participent à entretenir une mauvaise estime de nous-mêmes.

    Il s’agit là d’une communication interne, d’un dialogue intérieur parfois incessant, qui colore toute notre existence et donne naissance à nos émotions et à nos actions.

    L’approche psychologique nommée « programmation neurolinguistique » ou PNL met en évidence que ce ne sont pas les événements qui déterminent nos émotions et nos actions, mais bien notre interprétation des événements, ce que nous nous disons à nous-mêmes et ce que nous nous disons à propos des événements.

    Imaginons que Paul vient de se faire licencier de son poste de travail. Si, lorsqu’il était enfant il a entendu à longueur de journée qu’il était stupide, qu’il n’y arriverait jamais, qu’il ne pourrait pas réussir dans la vie, Paul aura tendance à se dire : « Ce n’est pas étonnant que je sois licencié, de toute façon, je ne peux pas réussir, je suis trop stupide ! ».

    Branché sur ce dialogue intérieur Paul éprouvera beaucoup de tristesse et de colère, il s’en voudra, il perdra encore davantage confiance en lui et perdra aussi toute motivation pour chercher un autre travail, convaincu qu’il ne s’en sortira pas, qu’il est trop stupide.

    Autre scénario : Imaginons que Pierre soit licencié de son poste de travail mais que, durant son enfant, il ait reçu de nombreuses permissions « tu as le droit de réussir », « tu es important », « tu as le droit de demander de l’aide ». Pierre se redit ces permissions à l’intérieur de lui et en est convaincu. Bien sûr qu’il éprouvera de la tristesse et de la colère à l’idée de perdre son travail, mais il ne sera pas désespéré face à la situation. Il trouvera des possibilités d’être aidé, il sera certain de retrouver rapidement du travail et saura prendre soin de lui-même. Il continuera à cultiver une vision positive de la vie et des autres et, grâce à son attitude positive, il retrouvera, effectivement rapidement du travail.

    Les deux situations de travail sont identiques, il y a licenciement. Ce qui change, c’est uniquement le contenu des messages que Pierre et Paul se donnent.

    L’évènement ne représente qu’un aspect du problème, c’est l’interprétation de cet événement et de ses capacités à y faire face qui compte avant tout.

    Ce qu’il est utile de connaître, c’est que tout être humain peut programmer ses pensées et par là influencer ses émotions et ses comportements. C’est nous qui choisissons nos pensées, c’est nous qui mettons en route les dialogues intérieurs dévalorisants ou les dialogues intérieurs positifs et stimulants lorsque nous prenons conscience de la manière dont nous communiquons avec nous-mêmes.

    Il est possible de découvrir son dialogue intérieur en prenant conscience de ce que l’on se dit à propos de soi dans les circonstances difficiles de la vie. Parmi les phrases les plus courantes chez les personnes ayant une mauvaise estime d’elles-mêmes, il est fréquent de trouver :

    • « c’est entièrement de ma faute »
    • « les gens ne m’aiment pas »
    • « ils me perçoivent comme menaçant »
    • « je dois faire ce qu’ils veulent »
    • « ça n’a pas d’importance »
    • « c’est sans espoir »
    • « j’ai tout essayé »
    • « je me fais toujours avoir »
    • « ils ne m’écoutent pas »

    Ces phrases-là signalent un dialogue intérieur négatif chez la personne qui les prononce.

    Les messages donnés par les parents et les autres personnes présentes dans l’environnement sont si bien intégrés que la personne devenue adulte continue à les répéter sans s’en rendre compte.

    Que faire ?

    Comme nous l’avons vu précédemment, la première démarche consiste à prendre conscience de cet état de choses, puis à identifier les éléments de ce dialogue intérieur en les notant sur un cahier, par exemple. Alors il devient possible de modifier les éléments de ce dialogue intérieur en se donnant à soi-même des permissions, des messages positifs et encourageants.

    Au début, cela peut paraître artificiel ! Durant tant d’années, nous avons entendu d’autres phrases ! Mais en persévérant, en changeant systématiquement les messages négatifs en permissions constructives, l’estime de soi s’améliore influençant la vie émotionnelle et le comportement de la personne.

    La communication externe

    La communication interpersonnelle repose directement sur le dialogue intérieur des personnes concernées. Si notre parent intérieur nous condamne et nous houspille sans cesse, le contenu de notre communication avec les autres reflètera cet état de choses. Nous avons tendance à « nous excuser d’exister », « nous nous effacerons au profit des autres », « nous aurons peur de déranger les autres », « nous aurons tendance à manipuler plutôt qu’à demander directement ce dont nous avons besoin », « nous nous plaindrons au lieu de prendre la responsabilité de notre réalité », et surtout, « nous aurons beaucoup de craintes à l’idée de devoir nous affirmer devant les autres, prendre la parole en public, refuser un service ou prendre notre place parmi les autres ».

    Au contraire, lorsque le dialogue intérieur est positif, qu’il est fait de permissions, d’appréciations, nous avons la possibilité de communiquer simplement, clairement et sans crainte avec notre entourage. Ainsi, l’estime de soi augmente lorsque le dialogue intérieur – ce que nous nous disons à propos de nous-mêmes – change et que nous nous donnons des « permissions ».

    Plus l’estime de soi augmente, plus la communication avec les autres devient satisfaisante.

    Par un effet de retour, savoir communiquer clairement et positivement tend à augmenter encore l’estime de soi.

     

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    Source : L'estime de soi : un bien essentiel