relation à l'autre

  • Se rencontrer sans se posséder, se rapprocher sans s'envahir (par Jacques Salomé)

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    Nous ne parlons pas seulement avec des mots, nous nous rencontrons avec des regards, des gestes ou des touchers. Ce qui va donner à la relation tout son sens, c’est à la fois l’intentionnalité (la main qui donne une caresse ou une gifle est la même, simplement différence d’intention et d’intensité !) et le mouvement intérieur qui nous porte vers l’autre.

    Il est des gestes, des touchers qui nous agressent ou nous font violences, même si l’autre ou l’entourage proche qui les déposent sur nous, n’en sont pas toujours conscients. Car c’est celui qui reçoit le message qui lui donne un sens. Un même geste peut retentir, résonner sur notre histoire dans un sens positif ou dans un sens négatif et catastrophique. Il nous appartient donc de nous respecter et pour cela d’apprendre à nous positionner le plus rapidement et le plus clairement possible face à celui ou celle que nous pouvons vivre comme agressant au travers de ses conduites ou de ses actes envers nous.

    Se rencontrer sans se posséder, se rapprocher sans s’envahir :

    La vie sociale comme la vie intime est constamment traversée de gestes qui font intrusion dans notre intimité. Gestes dont certains peuvent être sans retentissement grave et relativisés par un échange et d’autres qui au contraire nous bousculent ou nous déstabilisent, et qui peuvent nous blesser ou réveiller d’anciennes blessures, qui vont saigner en nous et nous faire une violence inouïe.

    Il ne suffit pas, pour faire face à des gestes toxiques ou nocifs, de nous éloigner, de nous placer hors de portée ou de mettre l’autre en accusation, encore faut -il apprendre à mettre en place un ensemble d’attitudes et de comportements qui vont nous permettre de nous réconcilier avec l’image de nous mêmes qui a été atteinte, de retrouver confiance en nos ressources, de se réapproprier l’amour et l’estime de soi qui peuvent avoir été maltraités par des comportements qui n’étaient pas bons pour notre corps, notre vulnérabilité ou notre sensibilité.

    Au delà de paroles, de comportements ou d’attitudes qui peuvent nous agresser, c’est surtout par un toucher violent ou inadapté, qu’il soit intentionnel ou le résultat d’une maladresse, que nous sommes parfois le plus atteints, le plus violemment interpellés, car il faut savoir qu’un geste vécu par celui qui le reçoit comme agressif ou déstabilisant peut réveiller l’une ou l’autre des blessures archaïques qui sont inscrites dans la mémoire insondable et toujours en éveil du corps. Il s’agit le plus souvent de blessures liées à la trahison, l’injustice, l’humiliation ou l’impuissance.

    Si notre corps est un formidable émetteurs de signaux positifs (ou négatifs) il est aussi une immenses surface de projection sur laquelle vont se diriger et se jeter des signaux qui seront vécus comme positifs et d’autres qui seront enregistrés, par celui qui les reçoit à ce moment là, comme puissamment négatifs.

    Quelque soit le degré d’intimité, l’intensité des sentiments partagés avec quelqu’un nous avons besoin de trouver la bonne distance face à lui. Une distance qui corresponde à notre besoin de sécurité mais aussi à notre liberté d’être. Une distance juste, bienveillante, ni intrusive, ni oppressive, quand la présence de l’autre, ses attentions, ses gestes vont nous confirmer l’attentivité, le respect et l’écoute qu’il peut avoir à notre égard. Mais il peut se trouver que cette distance soit transgressée et que nous nous sentons insécurisé ou violenté.

    « Chaque fois que mon mari me prenait dans ses bras, j’avais la sensation d’être étouffée, qu’une partie de moi ne m’appartenait plus, n’existait plus. Il ne donnait pas (malgré ce qu’il en disait), il prenait. Je recevais ces gestes comme une imposition, une dépossession à partir de laquelle je n’avais plus rien à offrir… »

    « Quand ma mère me serrait contre elle, en disant “mon amour, mon amour”, je sentais que je devenais sa chose, que je devais lui appartenir et cela m’angoissait beaucoup. Si je m’éloignais je sentais que je luis faisais de la peine et surtout que je risquais de perdre son amour à jamais… Aujourd’hui encore un contact physique trop proche me panique… »

    « Lors de mon dernier passage à l’hôpital, je recevais une piqûre tous les jours, à la même heure, mais par le fait des congés et des horaires, trois infirmières différentes se sont succédées durant tout mon séjour. Avec une, je ne sentais absolument rien, elle établissait un contact avec moi, par un mot, un sourire et d’un geste vif semblable à une caresse légère enfonçait l’aiguille sans me faire aucun mal. Avec une autre, c’était l’inverse, son contact était plus brutal, impersonnel, elle me découvrait en arrachant le drap d’un geste violent et je sentais la douleur de l’aiguille et du liquide qui pénétrait mon ventre… Avec la troisième c’était plus aléatoire. Une fois je ne sentais rien et le lendemain c’était douloureux. Je n’ai pas réussi durant tout mon séjour à trouver une parole, un geste pour modifier le comportement des deux infirmières qui m’ont fait mal ! »

    « J’aurais tant voulu dire à mon père que la gifle qu’il me donnait “pour mon bien” chaque fois que je lui présentais mon carnet scolaire, ne me faisait pas de bien, m’humiliait et m’infantilisait… »

    « Je n’aimais pas quand le professeur de piano, s’appuyait trop contre moi et posait sa main sur ma cuisse pendant que je faisais mes exercices. A cause de lui, j’ai détesté le piano durant des années. Il a fallu longtemps pour que je me réconcilie avec la musique… »

    Il ne s’agit que de quelques exemples parmi les situations innombrables vécues par des enfants ou des adultes, qui se sont vus imposer un toucher qui n’était pas bon pour nous.

    J’enseigne depuis des années qu’il est toujours possible de “restituer” sur un mode symbolique (à l’aide d’un objet, d’un dessin, d’une photo) avec un mot d’accompagnement, une violence reçue. Violence d’un geste qu’il n’est pas souhaitable de garder en soi, car elle entretient et peut même nourrir le foyer d’une blessure psychique, morale ou physique.

    Je prétends que ces “restitutions symboliques” sont très libératoires d’énergie, qu’elles favorisent une restauration de la vivance de notre vie et redynamisent l’amour, la confiance et l’estime de soi.

    Une restitution symbolique s’appuie sur le ressenti de celui qui s’est senti agressé ou violenté par un geste, un passage à l’acte sur son corps, quelque soit l’intentionnalité de celui qui à déposé ce geste. C’est celui qui reçoit le message qui lui donne un sens.

    Certains comportements (abus sexuels, maltraitances physiques à répétitions) inscrivent des blessures quasi inguérissables si elles ne font pas l’objet d’une mise en mots ou d’une médiation réparatrice par un symbole.

    Ces démarches de restauration, de réconciliation avec soi même me paraissent d’autant plus nécessaires, que certaines violences primaires, engendrent des comportements défensifs et réactionnels qui sont autant d’auto violences que l’on se fait à soi même. Auto violence par auto privation (repli sur soi, enfermement dans la solitude) pour se protéger, par une mise en maux récurrentes (équivalent à un langage pour tenter de dire l’indicible) tels des maux de ventre, des infections vaginales, des blocages sexuels, auto violence encore dans le surgissement de somatisations plus graves (cancer, kystes ou autres affections profondes…).

    Quand notre corps absorbe par mégarde ou par erreur un met, un produit toxique, il se défend aussitôt en le régurgitant, en le “rendant” en vomissant, en évacuant ce qui n’a pas été bon pour lui. Mais quand il s’agit de gestes toxiques, malsains, nous acceptons malheureusement, de les garder longtemps en nous, enfermés dans le silence, la culpabilité ou le ressentiment.

    J’invite chacun à se respecter au plus prés de ses ressentis, à s’affirmer, à se positionner en ne gardant pas en lui des gestes, des attouchements, des paroles mêmes qui ont été enregistrés comme violents ou agressants par son corps ou son esprit. Ainsi trouver la bonne distance est activité sans cesse remise en question non seulement suivant la nature des gestes reçus mais aussi en fonction de leur retentissement sur notre histoire.

    Restaurer la paix dans son corps est une démarche qui peut comporter plusieurs supports.

    Il y a bien sûr toutes les démarches centrées sur la psychothérapie, les groupes d’éveil, mais aussi les stages de formation portant sur le changement. Toutes ces démarches nous invitent à un travail d’archéologie intime pour nous permettre de nous réconcilier avec notre passé et surtout à achever les situations inachevées ou panser les blessures de notre enfance.

    Pour respecter son corps l’évidence de la nécessité d’un travail sur soi, passera nécessairement par des approches corporelles dont l’éventail est aujourd’hui largement connu, allant du yoga, à la méditation, au tai chi…

    par Jacques Salomé


    Source : Se rencontrer sans se posséder, se rapprocher sans s’envahir : j-salome.com/assets/relation_a_autre-06.pdf

  • L'asservité ou comment dire les choses

    Cnv boudin pere et fils

    Comment dire les choses

    Comment dire les choses qui permettront de sortir des impasses relationnelles ? Ça paraît simple mais on s’aperçoit que dès qu’i y a quelque chose d’émotionnel dans la relation, ça bloque ou ça sort n’importe comment ou ça ne sort pas du tout. Très souvent, les tentatives d’explication aggravent le différend relationnel.

    Comment s’y prendre pour être écouté ?

    Il existe différents registres de communication. Qu’il convient de différencier.

    Le premier registre de communication est celui des faits.

    Un fait se définit par son caractère indiscutable. Que cela vous plaise ou non, c’est comme ça. Ce n’est pas une question de point de vue. Napoléon est mort à Sainte-Hélène en 1821. Du coup, le fait permet de se mettre d’accord et on peut donc s’en servir pour dire les choses.

    Le deuxième registre à connaître, notamment pour l’éviter, est celui des opinions. Autant le fait est indiscutable, autant l’opinion est discutable à l’infini. Chacun peut avoir son opinion sur telle ou telle question. Moi je crois que les vacances à la montagne c’est bien et que Beaubourg c’est moche, voilà. C’est un registre à éviter lorsqu’on a besoin de dire les choses puisqu’il peut prêter à discussions interminables et donc à réfutation et non écoute. Notamment lorsqu’il s’agit d’un différent relationnel.

    Car l’opinion comporte un jugement. Juger une situation, ou l’autre ou les deux. Et à démarrer par un jugement, on va aisément bloquer la relation. Ce n’est d’ailleurs pas une mince affaire de laisser de côté le registre des opinions puisqu’il semble que 90 % de nos propos et échanges soient constitués d’opinions et de jugement. Bien pas bien, intéressant pas intéressant, sympa pas sympa, beau pas beau. Blablabla qui nous occupe beaucoup. Pas toujours de façon très utile. « En un mot comment vas-tu ? – Bien ? – Et en deux mots ? – Pas bien. »

    Il convient plutôt de quitter le registre des opinions pour aller dans le troisième registre de communication, celui des sentiments. Ce registre a le même avantage que celui des faits : être indiscutable. Le sentiment est quelque chose que je ressens à l’intérieur de moi-même. On a parfois du mal à différencier le sentiment de l’opinion. Le sentiment est un vécu intérieur, ça ne concerne que moi, je ne parle que de moi. Avec l’opinion, je parle de quelque chose qui est extérieur à moi. Quelque chose que je juge avec ma perception.

    Le sentiment est de l’ordre du vécu : je n’ai pas apprécié, j’ai été très en colère, j’ai été surpris par rapport à, j’ai du mal à savoir où tu veux en venir, etc. Le sentiment n’implique que moi, sa force est d’être respectueux face à l’autre. Alors qu’avec l’opinion je juge – et dès que je juge, je rabaisse, je me place dans une position haute, extérieure. Alors que si je parle de moi, je laisse l’autre exister face à moi.

    Ça paraît simple énoncé comme cela. Il semblerait pourtant que ce ne soit vraiment pas le registre de prédilection de la communication pour dire les choses. Et pourtant nos parents nous l’ont répété : « On ne dit pas ce n’est pas bon, on dit je n’aime pas. »


    Comment dire les choses :

    L’assertivité et l’art de dire les choses

    Assertivité : oser s’exprimer, savoir dire non, savoir demander. Être assertif, c’est savoir se défendre en respectant son interlocuteur.

    L’assertivité désigne une conception des relations humaines qui s’appuie sur le refus de produire ou de subir des comportements négatifs tels que :

    * les comportements d’agression ou de domination
    * les comportements de soumission, de la fuite ou d’abandon
    * les comportements de manipulation

    Le mot assertivité vient de l’anglais assertiveness, substantif formé à partir du verbe « to assert » : affirmer, assertion, s’affirmer, défendre ses droits, défendre son opinion. Assertiveness peut donc se traduire en français par « affirmation de soi », confiance en soi, force tranquille. L’assertiveness permet à chacun de s’affirmer dans la vie tout en gardant des relations positives avec autrui. Des relations interpersonnelles plus fécondes.

    L’assertivité, c’est donc une affirmation de soi constructive et responsable, intelligente. Il s’agit de se respecter soi-même en s’exprimant directement, sans détour, mais avec considération.

    Bien que l’assertivité ne soit pas une technique mais une attitude, elle permet de développer des techniques s’en inspirant. Il s’agit d’assurer la capacité de dire autant que celle d’entendre : le partage de points de vue différents devient dès lors possible sans conflits. L’assertivité permet alors de favoriser les bonnes relations au sein d’un groupe et d’apaiser les relations professionnelles.

    Ni paillasson Ni hérisson

    L’affirmation de soi c’est donc aussi un respect de soi où il y a aussi respect d’autrui. Il est en effet tout aussi important de respecter autrui que de se respecter soi-même. L’assertivité induit donc une attitude où les deux sont présents sans que l’un le soit au détriment de l’autre.

    L’assertivité n’est pas une attitude dans laquelle on accepte tout sans rien dire. Savoir s’affirmer et oser s’exprimer est primordial pour la qualité des échanges. Il faut donc entendre les critiques sans vouloir se justifier absolument, ou contre-attaquer de façon impulsive. Être assertif, c’est reformuler la critique, demander des précisions, puis dans un deuxième temps, choisir de reconnaître de ou réfuter les faits.

    L’assertivité, c’est donc la capacité à s’exprimer et à défendre ses droits sans empiéter sur ceux des autres. Elle correspond à une attitude de fermeté par rapport aux événements et à ce que l’on considère comme acceptable ou non, de façon à développer des relations plus harmonieuses.

    L’assertivité implique et la prise de conscience et l’affirmation de ses propres limites.

    Un cercle vertueux : l’échange gagnant-gagnant

    Dans l’assertivité, on ose dire, mais on reste présent pour entendre et gérer le retour que l’autre nous adresse. La philosophie de vie de l’assertif correspond au « je suis OK, vous êtes OK » (relation idéale selon l’analyse transactionnelle). L’assertif postule le respect réciproque des opinions : ce n’est pas parce que moi j’aime telle chose que les autres ont tort de ne pas l’aimer.

    L’exemple de l’accord gagnant-gagnant (win-win en anglais) est significatif : il s’agit d’un accord par lequel chaque partenaire se préoccupe de l’intérêt de son partenaire, afin de maximiser son propre intérêt. Il ne s’agit pas de rechercher le meilleur compromis de partage des gains mais d’augmenter les gains de chaque partenaire. Adopter une relation gagnant-gagnant, fondée sur la satisfaction des besoins de chacun des partis, permet la résolution de conflit. L’assertivité produit un effet d’entraînement sur le ou les interlocuteurs. Elle permet d’accroître la qualité de la relation et la compréhension mutuelle et réciproque, tout en enclenchant un cercle vertueux.

    Être dans l’assertivité, c’est réunir deux qualités apparemment contradictoires : affirmation de soi et respect d’autrui.

    Distinguez toujours le niveau de l’identité d’une personne, avec le niveau de ses comportements, et le niveau du contexte. Toute critique émise sans faire référence à un contexte précis (généralisation) et portant sur une personne dans son entièreté (“t’es nul”.. mais aussi “t’es génial!” ) au lieu de parler des ses actes/ comportements observables, soit une critique basée sur des faits objectifs, n’est tout simplement pas recevable car inapproprié et dangereuse- à l’émission comme à la réception.


    10 conseils pratiques pour être assertif(ve)

    Vous ne pouvez certes pas toujours obtenir ce que vous voulez, mais en suivant des conseils simples vous saurez que vous avez fait de votre mieux. Des astuces qui vous permettront développer un comportement assertif :

    * 1. Croyez au maximum en vous-même – pensez toujours positivement et abreuvez-vous d’un dialogue intérieur positif.
    * 2. Acceptez le fait que vous ne pouvez pas changer les autres personnes. Vous pouvez seulement changer ce que vous faites, et un changement de votre part donnera l’occasion aux autres de se comporter différemment envers vous.
    * 3. Apprenez à répondre, pas à réagir. Choisissez comment vous comporter en acceptant et en assumant les conséquences. Acceptez que vous – et seulement vous – avez fait ce choix : personne ne vous y a forcé.
    * 4. Arrêtez de vous en prendre à vous-même pour vos décisions et vos comportements. Au lieu de cela, faites de chaque situation une occasion d’apprendre quelque chose d’utile pour un changement de comportement futur.
    * 5. Observez votre langage corporel. Assurez-vous qu’il corresponde à ce que vous dites : les gens ont tendance à croire ce qu’ils voient plutôt que ce qu’ils entendent.
    * 6. Suivez ces trois préceptes : S’arrêter / Regarder / Écouter – ensuite, et seulement ensuite, réfléchissez à la manière dont vous voulez répondre à la situation qui se présente à vous. Ceci vous assurera de garder le contrôle de vous-même et de la situation et cela donnera l’occasion aux autres l’occasion d’en faire de même.
    * 7. Ayez comme objectif la résolution de la situation, et non l’autodéfense. Concentrez-vous sur la situation plutôt que sur vos propres sentiments et reconnaissez que l’autre personne a un problème non pas avec vous, mais avec la situation elle-même.
    * 8. Pesez et choisissez vos mots. Oubliez les expressions qui envoient le mauvais signal et donnent l’impression que vous êtes un « gamin », telles que « je suis vraiment désolé », « j’ai peur », « est-ce qu’il serait possible que vous… ? » ou « puis-je juste … ? ». Utilisez le grand « Je » des déclarations, suivi de descriptions factuelles au lieu de jugements ou d’exagérations. Ceci encouragera votre interlocuteur à faire de même.
    * 9. Dites « Non » quand vous le voulez. N’oubliez pas que vous avez exactement les mêmes droits que ceux qui vous accordez aux autres. Si cela peut vous aider, rappelez-vous que vous ne dites pas non à la personne, mais que vous dites simplement non à la demande.
    * 10. Adoptez cette attitude : « Je PEUX le faire ». Sachez en votre for intérieur que les choses ne vous arrivent pas juste comme cela – mais que c’est vous qui pouvez les faire arriver.

    Exemple de phrases assertives

    * Oui, j’ai du temps la semaine prochaine, mais pas assez pour prendre ce projet.
    * Peux-tu m’expliciter ton propos pour que je comprenne vraiment ce que tu essaies de dire ?
    * Je comprends ce que tu veux dire, mais je ne suis pas d’accord.
    * Pourrions-nous prendre un moment pour parler d’un point sur lequel je ne suis pas satisfait ?
    * Je comprends que tu as du mal à travailler avec Brice, mais ce projet doit être fini d’ici vendredi. Prenons un moment pour trouver une solution.
    * Je me sens mal à l’aise lorsque quelqu’un crie. Je serai plus confortable si vous baissiez votre voix.
    * Je me sens triste lorsqu’il n’y a aucune réponse à ce que je dis. Je me sentirai mieux si vous me posiez une question ou me disiez simplement ce à quoi vous pensez.
    * Effectivement je ne reste pas tard le soir, mais je travaille de façon organisée tout au long de la journée et j’atteins tous mes objectifs.


    Interview de Geneviève Schmit :

    Comment l’emprise perverse se met-elle en place ?

    Assertivité et communication non-violentes peuvent fournir quelques outils efficaces et désinhiber l’intelligence émotionnelle et relationnelle, étouffée par une l’oppression délirante d’un pervers narcissique.

    Pour parvenir à mettre en place l’emprise perverse, le manipulateur va déployer des efforts considérables et se livrer à toutes sortes de mises en scène afin de vaincre les résistances de l’autre. Il s’agit de stratégies bien rodées, certaines instinctives, d’autres plus réfléchies.

    Voici les étapes qu’enchaîne le manipulateur. Tout d’abord, il attire sa proie pour nouer un contact. Ensuite il la valorise, n’hésitant pas à la flatter puisque « tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute ». Ensuite arrive une phase plus active, celle du soutien. Qui résisterait à l’arrivée providentielle d’un « sauveur » aux petits soins. Il devine le rêve que sa proie entretient dans le secret de son esprit romanesque et il lui vend ce rêve. Pour paralyser l’esprit critique, il crée une situation étourdissante où il y a « trop de tout ». Ensuite, il utilise une méthode connue en théorie de la décision pour forcer les choses, il crée l’urgence, contraint à aller très vite dans l’évolution de la relation. Faire prendre un décision vite est la base de la manipulation. Sans cesse, il plonge sa proie dans la confusion mentale en soufflant le chaud et le froid. Par exemple, il simule la jalousie pour faire croire qu’il peut perdre alors qu’il n’en est rien. Il s’agit de créer du manque et de l’insécurité.

    Ce genre de relation a été observé un nombre incalculable de fois. C’est un modèle qui connaît peu de variante. L’objectif du manipulateur est de s’approprier sa victime, corps et âme, jusqu’à la transformer en pantin désarticulé. En vampirisant sa proie, le pervers narcissique soigne son propre narcissisme. Avec une certaine efficacité d’ailleurs.

    Le scénario est assez bien rodé. Un pervers narcissique a un comportement toxique avec tout le monde, mais sa manière de procéder diffère d’une victime à une autre puisqu’il tient compte des différents paramètres de la relation et adapte son comportement à la personne qu’il a en face de lui ainsi qu’à l’enjeu du moment et le plaisir ressenti.

    Le manipulateur pervers commence par des démarches en apparence altruistes, bienveillantes et valorisantes. Il fait un cinéma digne de Hollywood tout en admirant son propre jeu. Calquant son rôle sur l’attente romanesque de sa proie, il saura se rendre irrésistible à ses yeux. Il va prendre toute la place dans la vie de sa proie, laquelle reste figée, éblouie par les phares de son ego grandiose.

    Le pervers narcissique manie avec talent l’art du « double lien » (que l’on appelle aussi « double contrainte » ou « injonctions paradoxales »), face auquel il est impossible de se décider. Il s’agit de deux messages contradictoires qui sont simultanément émis : par exemple, l’injonction « Soyez spontané ! » ou « Sois un grand mon petit » ou le redoutable « Mais tu as raison ma chérie, écoute ton copain, porte plainte contre moi et surtout… n’oublie pas d’acheter des fleurs pour mon enterrement. » Ces injonctions paradoxales contiennent deux demandes qui s’opposent, l’une interdisant la réalisation de l’autre et vice et versa, ce qui bien sûr rend la situation insoluble.

    Le double lien est typique du manipulateur narcissique qui amène sa victime à douter d’elle-même, de ce qu’elle a entendu ou compris, et la pousse progressivement dans une confusion dont il tirera le plus grand profit.

    Le renversement des accusations, de la charge de la preuve en quelque sorte, constitue une tactique perverse bien rodée : c’est la signature du vampire. Le « vertueux père incestueux », membre d’honneur d’une association de pères en détresse, reportera systématiquement la responsabilité de son acte criminel sur sa victime, prétendument vicieuse, séductrice, perverse « polymorphe », ou rejettera la faute sur l’alcool, le travail, la fatigue. Le bourreau s’arrange pour ne jamais être pris la main dans le sac et fait passer l’autre pour responsable de ses propres fautes ou pensées perverses. Bref, ce n’est jamais de sa faute !

    Ces techniques instinctives ont pour objectif de réduire à néant la capacité de la proie à prendre le recul nécessaire à une réflexion salvatrice. Toujours en lutte pour survivre, la victime du pervers narcissique ne peut vivre.

    Les cinq étapes de la mise sous emprise perverse :

    1 – Attraction
    2 – Captation
    3 – Renforcement
    4 – Verrouillage
    5 – Mort ou vie


    L’assertivité : conversation avec un pervers narcissique

    Fondamentale dans le cadre d’une communication non violente, l’assertivité peut vous aider à supporter (peut-être même à contrer) les discours manipulateurs, confus et agressifs du pervers narcissique.

    Il est difficile, voire impossible, de gérer un pervers narcissique. Pourtant, lui opposer un comportement assertif peut le déstabiliser. Le pervers narcissique utilise le langage pour amener sa victime dans une confusion telle qu’elle ne peut plus discerner le sens de la « conversation » et se retrouve très vite dans une sorte de transe hypnotique où elle n’a plus la maîtrise de ses émotions et de ses pensées.

    Perdant le contrôle et ressentant un grand danger, la victime se trouve dans un état légitime de réaction protectrice qui se transforme presque immédiatement en fuite ou en agression et qui sera alors retournée contre elle puis instrumentalisée par le provocateur.

    Face à un pervers narcissique, l’assertivité semble être la seule alternative. Il s’agit de se positionner sans renoncer à son amour-propre, d’ouvrir une brèche dans laquelle exprimer son émotion.

    Retrouvez Geneviève Schmit sur https://www.albert-academie.com/lassertivite-ou-comment-dire-les-choses/


    Ce qui rapproche et ce qui distingue « assertivité » et « confiance en soi ».

    (Extrait rédigé par Frédéric LEVY)


    La confiance en soi favorise l’assertivité sans pour autant être une notion similaire. La confiance en soi est un état, l’assertivité un comportement relationnel, un comportement de communication.
    On peut faire preuve de confiance en soi sans pour autant être assertif ! Une personne nous double dans la file d’attente. On n’a pas l’intention de se laisser faire. Haut et fort, on interpelle le resquilleur et on lui dit sa façon de penser. On n’hésite pas à hausser le ton. Il faut une certaine confiance en soi pour oser être actif dans cette situation. On pourrait tout à fait, par passivité, se taire. Mais si on agit avec agressivité, on se sera bien appuyé sur sa confiance en soi, sans pour autant faire preuve d’assertivité.

    Oser prendre la parole devant un groupe, alors que rien ne nous y contraint nécessite une certaine dose de confiance en soi. Mais que va-t-on dire ? Va-t-on aller dans le sens de l’avis général ou osera-t-on s’y opposer ? Je peux avoir suffisamment de confiance pour prendre la parole mais pas assez d’assertivité pour dire vraiment ce que je pense.

    Ce qui rapproche l’assertivité et la confiance en soi, ce sont les freins similaires qui peuvent, dans un cas comme dans l’autre, nous empêcher d’y arriver. Ces freins, ce sont souvent des peurs. Peur de ne pas être à la hauteur, peur du jugement, peur de décevoir, peur de ne pas y arriver… La confiance en soi est souvent conditionnée par le regard de l’autre. Chanter seul, sous la douche, ne nécessite pas de confiance en soi particulière. Chanter la même chanson devant trois cent personnes va s’avérer plus périlleux. La confiance en soi, c’est avant tout savoir apprivoiser la peur du regard de l’Autre.

    Article rédigé par Bruno Jarrosson & Gabriel Jarrosson


    Source: https://www.albert-academie.com

  • Ne mendiez pas l’attention des autres, et encore moins leur amour

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    Ne mendiez pas l’amour de quelqu’un qui n’a pas de temps à vous consacrer, ou de quelqu’un qui ne pense qu’à lui. Ne le faîtes jamais.

    Quelqu’un qui, via son indifférence, vous donne l’impression que vous êtes invisible et insignifiant, ne vous mérite pas.

    En revanche, quelqu’un qui vous accorde de l’attention et aux côtés de qui vous vous sentez important et présent vous mérite.

    L’amour doit être démontré, mais jamais mendié. Si vous en arrivez à mendier de l’amour, vous illustrez alors de la plus claire des façons l’injustice émotionnelle, le déséquilibre du sentiment qui cimente une relation.

    Quelqu’un qui agit plus que ce qu’il ne parle vous mérite.

    En revanche, quelqu’un qui s’intéresse à vous uniquement lorsqu’il a besoin de vous ne vous mérite pas ; tournez-vous alors plutôt vers quelqu’un qui passe du temps avec vous quand vous en avez besoin, et pas seulement quand votre présence à ses côtés est dans son intérêt, vers quelqu’un qui s’intéresse à vous sans rien attendre en retour et qui vous accorde une place importante dans sa vie.


    Finalement, c’est simple ; la personne qui vous mérite, c’est celle qui, ayant la liberté de choisir, se rapproche de vous, vous apprécie,

    vous consacre du temps et pense à vous


    Le manque de temps n’existe pas, contrairement au manque d’intérêt

    On dit que le manque de temps n’existe pas, contrairement au manque d’intérêt. En effet, quand les gens aiment vraiment, l’aube devient le jour, le mardi devient le samedi et un moment devient une opportunité.

    On dit aussi que plus on attend des autres, plus on est déçu et plus on souffre. Ainsi, on doit revoir nos attentes et nous dire qu’on ne doit rien attendre de personne, mais tout de nous-même.

    Car les espoirs et les attentes sont souvent (pour ne pas dire toujours) à l’origine des échecs émotionnels ;

    si les autres ne sont pas présents, voyez alors ça comme un manque d’intérêt.


    Dès lors que l’on n’approuve pas les actes ou les propos des autres, on souffre. Et la souffrance émotionnelle fonctionne exactement de la même façon que la souffrance physique.

    Nous nous devons alors d’accorder au mal-être psychologique toute l’importance qu’il mérite.

    Quand on a de forts maux d’estomac ou une migraine constante, on ne l’ignore pas.


    Alors, pourquoi devrions-nous ignorer la souffrance émotionnelle ?

    On ne peut pas laisser le temps la guérir sans rien faire de plus, on doit travailler sur elle et en tirer des leçons, tout comme on arrête de manger du chocolat à partir du moment où on découvre qu’il est la cause de nos maux d’estomac.

    C’est très important car les gens ont tendance de croire, à tort, que le mal-être psychologique est un signe de faiblesse, mais aussi que le temps pansera les blessures émotionnelles sans qu’il faille au préalable « les désinfecter », ni avoir recours à un bandage ou un plâtre pour éviter les saignements.

    Valorisez-vous et aimez-vous

    Consacrez du temps aux gens qui le méritent et qui vous font vous sentir bien. Ne mendiez pas l’attention, l’amitié ni l’amour de personne. Quiconque vous aime vous le démontrera tôt ou tard.

    Si vous vivez dans une situation d’injustice émotionnelle aussi alarmante, n’oubliez pas :

    N’appelez pas ceux qui ne vous appellent pas et que ni répondent pas à vos appels. Ne cherchez pas à passer du temps avec quelqu’un à qui vous ne manquez pas, et inversement, si quelqu’un ne vous cherche pas à passer du temps avec vous, il ne doit pas vous manquer.

    N’attendez pas quelqu’un qui ne vous attend pas, valorisez-vous et arrêtez de mendier et de quémander de l’amour.

    En effet, comme nous l’avons dit précédemment, l’amour doit être démontré et ressenti, mais jamais imploré. Votre tendresse doit être réservée à ceux qui vous aiment et qui vous comprennent sans vous juger.

    Et surtout, n’oubliez pas la valeur de votre sourire devant le miroir, aimez-vous et valorisez-vous pour tout ce que vous êtes, et pas pour ce que quelqu’un qui ne vous mérite pas vous fait comprendre.

    Aimez-vous, et rendez-vous compte que le fait que quelqu’un vous néglige ne veut pas dire que vous ne deviez pas faire l’impossible pour vous entourer de personnes qui apprécient votre présence dans leur vie.


    Source : https://nospensees.fr/ne-mendiez-lattention-autres-amour/