Partie 3 : Comment se libérer du mal de vivre ?

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Il te suffit de fouiller dans ta mémoire pour retracer l'un de ces événements qui a pu donner naissance à ton mal de vivre. Puis, en état de détente, retourner dans cet événement pour aller accueillir l'enfant que tu étais qui n'avait plus envie de vivre.

J'ai parlé au chapitre précédent de l'événement que j'ai vécu au pensionnat, alors que, me sentant abandonnée, j'ai perdu le goût de vivre. Voici le travail de libération que j'ai entrepris.

Je me suis placé dans un état de détente. Puis, par mon imagerie mentale, j'ai visualisé le pensionnat, la salle de classe. J'ai revu cette petite fille de six ans que j'étais et qui vivait en moi. Je me suis vue, moi, l'adulte que je suis aujourd'hui, aller près de cette petite fille. Je la vie, la tête appuyée sur son petit pupitre, les yeux noyés de larmes. Je lui ai caressé gentiment les cheveux et lui ai demandé : "N'y a-t-il pas une autre solution que de te laisser mourir ?".

Soudaient, elle réalisa qu'elle avait le choix. Elle pouvait remonter le long escalier, aller vers la religieuse et lui dire qu'elle souffrait. Je l'ai donc prise par la main pour qu'elle puisse retourner au dortoir. Je l'amenai vers la religieuse pour qu'elle puisse lui dire : "Ma Sœur, j'ai froid dans cette classe, je suis malade, n'auriez-vous pas une autre solution ?" Je vis alors la religieuse se lever, aller dans la chambre réservée à l'enfant malade et dire à cette pensionnaire : "Ca semble aller mieux pour toi, va dormir maintenant dans ton lit. Il y a une autre pensionnaire qui a besoin de cette chambre." Puis, s'adressant à moi (la petite fille), elle me dit : "Viens, allonge-toi". Puis elle me borda et me toucha gentiment la tête avant de fermer la porte en disant : "Dors bien à présent."

Cela ne s'était pas passé ainsi lorsque j'avais six ans. Mais il faut se rappeler que le cerveau ne fait pas la différence entre le réel et l'imaginaire, pourvu que ces nouvelles images soient vécues comme réelles, il les accepte. 

Ce qui a pour conséquence de modifier la conclusion déjà enregistrée, qui était dans mon cas "vivre = souffrir" et "abandon = je ne veux plus vivre"

A présent, par ce travail d'imagerie mentale, ma nouvelle conclusion était "quand tu souffres, dis-le" donc "vivre = s'exprimer, demander de l'aide quand on souffre."

Ce travail fait par imagerie mentale fut extraordinaire pour moi. Il me permit, dans un premier temps, de transformer la conclusion enregistrée dans ma mémoire émotionnelle qui était "abandon = perte de goût de vivre" par "abandon = demande de l'aide."

Quelques années après avoir fait ce travail, je revécus de très fortes émotions ayant trait à une séparation où, de nouveau, je me sentis abandonnée.

Cette fois, cependant, j'osai m'adresser à une thérapeute en qui j'avais confiance. J'avais si mal au sein gauche que je ne pouvais dormir sur le côté gauche.

Cette thérapeute utilisait le massage énergétique. Elle me dit "Je ne peux approcher mes mains à moins d'un mètre de ton sein tant ça me brûle les mains."

A un moment donné, elle me dit : "Pourquoi est-ce si important le regard des hommes sur toi ? J'entends dans ton corps "papa, pose tes yeux sur moi pour que je puisse vivre" A ces mots, je fus submergée par une telle émotion que j'en avais de la difficulté à respirer.

Après ce traitement d'énergie, je fus étonnée d'avoir éprouvé une telle émotion puisque je ne me souvenais pas d'avoir prononcé ces mots. Dans mes souvenirs, la seule fois où j'avais vu mon père, c'était dans son cercueil au salon mortuaire. J'avais six ans.

Quelques temps après, j'allai voir ma mère ; je m'organisai pour être seule avec elle. Je lui dis que j'avais des tas de souvenirs de mon enfance, mais, tel un puzzle, il me manquait des pièces.

Je lui posai différentes questions qui ne la concernaient pas directement, car pour ma mère, le passé tait passé et elle ne voulait plus rien au monde en parler.

Je lui demandai subtilement si j'aurais pu avoir vu mon père alors que j'étais enfant. Elle me dit alors : "Oui, une fois, il est venu à la maison, tu devait avoir huit ou neuf mois, tu marchais à quatre pattes. Il voulait que je revienne avec lui : pour moi, il n'en était pas question. Tu t'es avancée vers lui, tu lui as tendu tes petits bras. Il a tourné les talons et il est parti en claquant la porte."

Je fus étonnée qu'elle me raconte un souvenir de plus de 40 ans d'une manière aussi précise. Après cet entretien avec ma mère, j'entrepris de nouveau un travail de libération de ma mémoire émotionnelle. J'utilisai les images décrites par ma mère en plus de mon imagination, car je ne m'en souvenais pas.

La maison où l'on habitait, elle, je la connaissais. J'ai donc revu cette maison, l'entrée, la porte (je la voyais verte avec de la moustiquaire dans le haut). Je voyais ma mère debout dans le salon. Mon père à côté d'elle, puis j'ai vu ce petit bébé de huit ou neuf mois s'avancer pour tendre ses bras à son papa, puis, ce géant qui tourne les talons et qui s'en va en claquant la porte.

A ce moment-l), je me suis vue, moi la femme adulte que j'étais devenue, aller vers ce petit bébé, je l'ai pris dans mes bras et je lui ai expliqué ceci : "Ton papa, il ne peut pas t'accueillir, car lui-même ne s'est jamais senti accueilli par sa maman et, de nouveau, il se sent rejeté par la femme qu'il aime. Mais moi, je suis là, moi, je vais poser mes yeux sur toi et même si tous les autres t'abandonnent, moi, je ne t'abandonnerai jamais...."

Ma petite fille se sentit aimée et eut envie de vivre pleinement.

Le problème face au mal de vivre vient du fait que l'on a cru, un jour, qu'on ne pouvait vivre si on n'était pas aimé ou encore de la manière dont on aurait souhaité être aimé. En fait, il faut comprendre que personne ne nous a jamais abandonné. Il est vrai que ces personnes n'ont pu nous accueillir comme nous l'aurions souhaitée, mais c'est nous qui sommes abandonnés en renonçant au désir de vivre. On s'est laissé tomber soi-même en pendant : "A quoi bon vivre dans ce monde sans amour ?"

Après avoir transformé la compréhension de ces événements de mon passé, je me suis fait la promesse de ne plus jamais me laisser tomber, quoi qu'il advienne. Même si l'homme que j'aime le plus au monde me quittait, moi je serai encore là pour moi. Je pourrai toujours poser mes yeux sur moi-même, me sourire, m'apporter la tendresse dont j'ai besoin et dire merci à la vie pour tous les cadeaux qu'elle m'a offerts et qu'elle continue de m'offrir. 

 

SourceMéta médecine : la guérison à votre portée

Nathalie Neumann sur Google+

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