Prendre la responsabilité de sa vie

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Dans les pages qui précèdent, nous avons évoqué la phrase de Virginia Satir :

« Une personne avec une mauvaise estime d’elle-même a développé un style de vie auquel elle s’est habitué. C’est comme un habit familier, il n’est ni beau, ni confortable, mais il est là, on peut compter sur lui »

Voilà, en partie, la raison pour laquelle tant de gens admettent qu’ils ne sont pas heureux, qu’ils ne vivent pas la vie qu’ils voudraient vivre, tant de gens souffrent d’une mauvaise estime d’eux-mêmes et, malgré cette constatation, ils ne font rien de spécifique pour sortir de la situation déplaisante dans laquelle ils se trouvent.

Pour de nombreuses personnes que nous avons côtoyées et qui désiraient pourtant changer, vivre autre chose, l’un des obstacles majeurs était le peur.

Peur de s’avancer sur une route inconnu, peur du regard des autres, peur de ne pas savoir, de ne pas pouvoir, peur d’échouer, peur de perdre ce qu’ils ont ! Ces peurs sont souvent liées aux idées erronées mentionnées dans le chapitre précédent, en méconnaissant ce qui est positif, en généralisant, en exagérant les dangers ou conséquences possibles d’un changement, en se critiquant soi-même ou en blâmant les autres, il y a de fortes chances que la personne se bloque dans son élan et n’effectue aucun changement dans sa vie. D’où, l’importance de débusquer les processus de pensées erronées !

Prendre le contrôle de sa vie, c’est tout d’abord réaliser pleinement « qu’il n’y a pas de Père Noël ».

Personne ne viendra nous sauver de notre responsabilité de prendre notre vie en main ! C’est chacun de nous, personnellement, qui est responsable de sa vie, de son devenir.

Prendre la responsabilité de sa vie, c’est, entre autres, se poser trois questions essentielles et leur trouver des réponses.

 

  1. Qu’est-ce que je veux pour moi !

La plupart des gens savent ce qu’ils ne veulent pas, ils ont beaucoup plus de difficultés à dire ce qu’ils veulent pour eux-mêmes.

En fait, la situation est claire : ou bien je suis heureux et ma vie est celle que je désire vivre et je n’ai plus à répondre à la question ci-dessus, ou alors, je ne suis pas heureux, je ne suis pas en train de vivre ce que je voudrais vivre et il est urgent de se poser la question sérieusement.

« Qu’est-ce que je veux pour moi ? »

En d’autres termes : « Qu’est-ce qui est important pour moi ? Quelles sont les priorités dans ma vie ? Qu’est-ce qui fait sens pour moi ? »

Si, pour moi, la priorité est de vivre en harmonie avec une ou des personnes qui me respectent, me soutiennent et m’aiment et que je ne vis pas cette situation, quels sont les changements possibles ? Si j’ai besoin d’accomplir un travail intéressant où je puisse utiliser ma créativité et que je n’ai pas un tel travail, que puis-je faire à ce propos ?

Finalement, si je ne vis pas à l’endroit où je voudrais vivre et que cela me pèse, quelle solution puis-je trouver ?

Il n’est pas toujours possible d’avoir ce que nous voulons, bien entendu, mais il est encore moins certain d’y arriver lorsque nous ne savons pas vraiment ce que nous voulons. Le philosophe grec Sénèque le disait déjà il y a de nombreux siècles :

« Il n’y a pas de vent favorable pour le navire qui ne connaît pas son port. »

Définir clairement ce que l’on veut pour soi, c’est sortir des doutes, du marasme, c’est se redresser et augmenter son estime de soi.

 

  1. Qu’est-ce que je demande aux autres ?

Atteindre ses objectifs, aller vers ce que chacun veut pour soi suppose en général une démarche vers les autres, vers l’entourage. Si je veux être traité avec respect, j’ai probablement besoin de demander cela à ceux qui m’entourent. Pour faire cette demande, je dois identifier ce que je veux vraiment, avant de pouvoir l’exprimer.

« C’est toujours pareil, tu n’as jamais le temps pour moi ! »

Blâmer l’autre au lieu de lui demander clairement ce que nous voulons, voilà un moyen sûr de ne pas obtenir ce que nous voulons.

« Chéri, j’ai absolument besoin de parler avec toi pendant 5 à 10 minutes, veux-tu me dire quand cela te conviendrait ? »

Une demande précise apporte en général une réponse précise et satisfaisante.

 

  1. A quoi dois-je renoncer ?

Cette troisième question est essentielle. Je ne pourrai pas obtenir tout ce que je veux pour moi, l’autre ne répondra pas positivement à toutes mes demandes. C’est pourquoi j’ai besoin de faire le deuil, de lâcher prise d’un certain nombre de désirs.

Une personne assistant à l’une de nos sessions de formation avait identifié qu’elle voulait « être écouté par son mari ! ». Elle lui avait demandé cela à maintes reprises, sans succès. Il disait « oui, bien sûr ! » et deux jours plus tard reprenait son habitude de se plonger dans son journal puis de regarder la télévision sans prêter attention à son épouse. Cela faisait des mois qu’elle le houspillait avec cette demande sans obtenir satisfaction. Elle en était arrivée à considérer une séparation alors qu’elle disait aimer cet homme qui, à part cela, était un bon père et un bon mari.

C’est à ce moment-là qu’elle a réalisé qu’elle n’avait pas encore répondu à la troisième question :

« A quoi dois-je renoncer ? »

Elle se rendit compte qu’elle pouvait renoncer à vouloir « être écoutée par son mari ». Elle pouvait trouver le moyen d’être écoutée par d’autres gens, ailleurs. C’est ce qu’elle fit : elle suivit une formation à l’écoute, se mit à faire du bénévolat, participa à des cours et groupes divers. Elle avait trouvé ce qu’elle cherchait : elle était écoutée. Sa relation avec son mari s’était améliorée, elle avait pris de l’assurance et vivait mieux.

Décider de renoncer à quelque chose, faire son deuil, lâcher prise, c’est ce qui permet d’aller au-delà, de quitter une position inconfortable où l’on se sent « assis entre deux chaises ! »

Ainsi, définir clairement ce que nous voulons diminue le sentiment d’impuissance ou de résignation. Identifier ce que nous voulons demander aux autres et formuler cette demande diminue la colère et le ressentiment que nous pouvons éprouver envers l’autre qui ne semble pas « voir » ce que nous désirons. Faire le deuil, lâcher prise pour aller plus loin diminue le sentiment de tristesse, de stagnation qui existe lorsqu’on est pris dans une impasse. Surtout, prendre la responsabilité de sa vie, c’est, après avoir répondu aux trois questions ci-dessus, déterminer les actions à entreprendre pour vivre ce que nous voulons vivre et surtout AGIR, aller de l’avant.

Assumer la responsabilité de sa vie est l’une des voies royales pour augmenter l’estime de soi.

 

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SourceL'estime de soi : un bien essentiel

 

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