Relation toxique avec la mère

  • Relation toxique avec la mère

    Belle famille difficile de trouver la bonne distance 4914463

    Pourquoi a-t-on du mal à s’affirmer face à sa mère ?

    Le patient vit avec le poids d’une dette imaginaire : sa mère lui a donné la vie, il croit devoir l’en remercier en se conformant à ses attentes. De plus, s’opposer à elle enaffirmant des désirs contraires aux siens suppose de faire un double deuil. Le deuil d’une certaine image de lui-même dans la mesure où il doit renoncer à être l’enfant idéal qui la comble. Et le deuil d’une certaine image de la mère, celle qui « ordonne », qui donne des ordres et met un ordre dans sa vie. Si cette mère-là l’étouffe, elle le maintient pourtant dans un certain confort en lui épargnant le risque d’avoir à se déterminer seul.

    Comment parvient-on à couper le cordon ?

    Quand la mère est réellement toxique – trop dévouée ou trop malveillante, elle s’acharne à maintenir son fils ou sa fille dans une position infantile –, il peut être salutaire d’imposer une séparation physique. Mais c’est avant tout une séparation psychique qu’il faut amorcer, en opérant un travail de tri : « Dans ce qu’elle me dit de moi, qu’est-ce qui est vrai et qu’est-ce qui ne l’est pas ? Dans l’aide qu’elle veut m’apporter, de quoi ai-je réellement besoin et qu’est-ce qui m’embarrasse ? En m’identifiant à elle, qu’est-ce qui me correspond et en quoi me suis-je perdu ? »

    Quand la mère a été défaillante, comment guérit-on de ses blessures d’enfance ?

    La thérapie n’efface pas les blessures, mais aide à les cicatriser. En permettant de se décharger d’un fardeau de chagrin, d’angoisse ou de colère trop longtemps contenu, retourné contre soi-même ou son entourage. En aidant à se détourner du passé pour investir l’avenir : ce que sa mère n’a pas su lui prodiguer (amour, respect, soutien, consolation), il peut apprendre à se le donner en devenant une bonne mère pour lui-même.

    Être en paix avec sa mère, qu’est-ce que cela signifie ?

    Cela ne signifie pas forcément avoir des rapports harmonieux avec elle, mais des rapports justes au vu de ce qu’elle est et de ce que l’on est soi-même devenu. La thérapie ne permet pas de changer la mère mais de changer, à mesure que l’on accède à un moi adulte, le regard que l’on porte sur elle. En ce sens, la réconciliation peut survenir même après sa mort. On quitte alors le registre de la rancœur pour entrer dans celui de la compréhension. Derrière la mère perçue comme toute puissante, toute bonne ou terrifiante, se dessine la vision d’une femme avec ses qualités, ses défauts et ses blessures.