La peur de l'abandon attire et entretient les relations de souffrance

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« La peur de l’abandon est l’une des causes les plus rependues du mal-être et du mal de vivre. » dit Daniel Dufour, médecin et animateur de stages de développement personnel.

À l’origine de cette souffrance, qu’il appelle « l’abandonnite », « il y a toujours une situation mal vécue au cours de la vie fœtale, de la prime enfance ou de l’enfance, qui n’est pas forcément un abandon effectif. » Ici, c’est un père absent ; là, une mère débordée, un couple de parents fusionnels, ou encore l’arrivée d’un petit dernier, un séjour en pension, le décès d’un grand-père auquel nous étions particulièrement attachés.

Cette plaie peut avoir de considérables contrecoups sur nos relations si on ne la soigne pas. Malheureusement, il y a beaucoup de personnes qui attirent les mauvaises personnes par peur d’être abandonnés.


D’où vient-elle ?

L’abandon est une perception de l’enfant

Comme généralement, de l’enfance, de cet instant ou notre mère s’est mise à s’occuper un peu moins de nous soit parce qu’elle était fatiguée, ou avait moins de temps. La peur de l’abandon a alors commencé à germer inconsciemment car nous savions que nous ne pouvions survivre sans cet adulte, et cette peur est désormais prête à se réactiver chaque fois que notre amoureux manifeste un peu de distance…

Ceux qui ont vécu la peur de l’abandon plus fortement que les autres dans l’enfance deviennent souvent des « êtres abandonniques », c’est-à-dire qu’ils ont souvent peur d’être abandonnés.

La peur de l’abandon ne naît pas d’un réel abandon mais de la perception à un certain moment que l’enfant – dès sa naissance – peut avoir d’une situation.

Ainsi l’impression d’abandon peut naître d’un moment où :

  • la mère ne répond pas aux pleurs du bébé car elle dort,
  • l’enfant ne supporte pas « la crèche »,
  • on envoie trop souvent l’enfant chez les grands-parents,
  • la mère doit partir quelques jours pour une opération,
  • les parents partent 24h en weekend…
  • le parent est présent mais il semble si préoccupé par ses pensées qu’il ne fait pas vraiment attention à l’enfant,
  • le père rentre à 21h lorsque l’enfant dort déjà, il ne le voit que le weekend,
  • etc etc…

Freud a dit que la peur de l’abandon devient un traumatisme surtout si les situations qui provoquent l’abandon sont répétées régulièrement.


Les conséquences de cette peur et comment se manifeste-t-elle ?

Pour soi-même, elle s’accompagne souvent :

  • d’angoisse, d’anxiété,
  • de souffrance,
  • d’un relationnel souvent compliqué, car la peur de perdre l’autre produit des conduites inadaptées et difficiles à vivre pour l’autre,
  • de tristesse,
  • d’état dépressif,
  • et parfois d’autres troubles : troubles alimentaires comme la boulimie pour compenser un manque affectif ou une angoisse latente, etc.

Pour ceux qui font face à cette phobie, elle est souvent synonyme :

  • d’un excès de jalousie : la peur de l’abandon est si puissante que la personne qui en est atteinte met tout en œuvre pour être sûr que l’autre ne va pas l’abandonner.
  • de relations conflictuelles,
  • etc etc…

L’enfant grandit avec l’idée qu’on peut m’abandonner et pour pallier à ce risque, il pense devra s’adapter en faisant tout pour ne plus vivre ces situations.

L’enfant va par exemple :

  • essayer de faire plaisir à tout le monde en mettant ses propres besoins de côté,
  • accepter toutes les formes d’irrespects tant qu’il n’est pas abandonné (même la violence),
  • devenir dépendant (drogue, dépendance affective, jeu, dépenses, sexe…),
  • croire qu’il n’a aucune valeur et que les autres sont bien supérieurs à lui étant donné qu’il ne mérite pas l’attention dont il a besoin,
  • créer lui-même des situations de rupture pour éviter qu’on l’abandonne,
  • refuser toute forme d’engagement durable (pas de CDI, pas de mariage, pas de crédit sur 20 ans, pas d’enfant,…).

Quelles sont les solutions face à la peur de l’abandon et comment sortir de ce schéma.

La peur de l’abandon est une émotion perturbante est source de nombreuses souffrances et de situations dramatiques  pour soi-même comme pour les autres. Généralement, cette peur de l’abandon induit des schémas répétitifs. L’individu va attirer toujours et encore des situations ou des relations similaires. Ce n’est que lorsqu’il va en prendre conscience et qu’il décide de se faire aider qu’il pourra sortir de ce schéma.

Si vous cherchez perpétuellement à faire plaisir à votre conjoint, vos proches et toutes formes de relations en râlant car personne ne vous rend la reconnaissance de vos actes, vous avez de forte chance d’avoir ce problème !

Si vous n’êtes pas stable dans vos relations amoureuses, sociales ou professionnelles, il est peut être temps de travailler sur vous-même.

Les addictions servent souvent à masquer et combler le vide que l’on ressent quand on se croit « abandonné ». On va par exemple abuser sur la  nourriture, la drogue ou l’alcool.

Il arrive que l’angoisse vienne de situations très banales comme celle où votre ami ne répond pas dans la minute au SMS que vous lui envoyez car il n’a plus de batterie: vous allez angoisser jusqu’à lui faire une scène lorsqu’il rentre le soir. En réalité, vous ne faites qu’exprimer votre peur d’être à nouveau abandonné !

Dans les cas les plus graves, on verra dans les faits divers un homme dont la femme demande le divorce, tuer ses enfants et se suicider ensuite, ne supportant pas la séparation. La rupture réveille l’impression d’abandon vécu dans la petite enfance.

Les gens souffrant de ce problème préféreront rester toute leur vie ou des années durant dans des relations de violences psychologiques ou physiques en étant souvent dans le déni de leur peur de l’abandon.

On pourra également s’intéresser à divers outils de développement personnel afin de sortir de ce schéma:

  • d’améliorer son image de soi,
  • de développer sa confiance en soi,
  • d’apprendre à gérer nos émotions,
  • etc  etc…

Comment peut-on faire pour guérir :

Il est très important de se dire ça : nous sommes devenues des adultes, nous ne sommes plus des enfants fragiles et impuissantes, notre vie n’est plus en jeu si l’on nous abandonne. Aujourd’hui, 1 / nous survivrons, 2 / nous pouvons agir !

Devenons également plus rationnelles !  Si notre chéri manifeste moins d’amour, c’est peut-être tout simplement qu’il est dans une phase de fatigue… Il a LE DROIT de ne pas être toujours au top !

Et bien sûr, il faut essayer de remonter aux situations d’enfance, celles qui ont fait naître cette peur (même les situations les plus anodines)… Les identifier, ça aide à se dire quand le schéma se (re) présente : « Je me rappelle de cette blessure mais je ne suis plus faible, je ne transpose pas cette vieille peur car je suis maintenant adulte et je peux m’assumer moi-même, je ne dépends pas de l’autre, ma vie ne dépend pas de l’amour de l’autre mais de moi et de l’amour que je me donne à moi-même. » Normalement, déjà, ça va un peu mieux…

Voici les étapes à suivre :

  • prendre conscience d’un schéma répétitif,
  • analyser et comprendre l’origine du problème,
  • reconnaître nos réactions inadaptées,
  • mettre en place des actions et réactions adaptées où l’on devient autonome et où la souffrance ne nous atteint.
  • L’individu qui souffre de la peur d’abandon se sous-estime et pense qu’elle n’est pas assez bien, que l’autre va forcément l’abandonner. L’entourage pourra participer dans une évolution vers la guérison en affirmant régulièrement ses émotions et sentiments.

Ensuite si cela na suffit pas vous pouvez consulter un spécialiste : un  psychologue, un psychothérapeute, une psychanalyse, ils pourront permettre un travail sur vous afin de découvrir l’origine et de comprendre pourquoi vous avez peur d’être abandonné.

Soigner sa blessure d’abandon, c’est retrouver la paix en soi, dans ses relations et dans ses projets de vie.

 

Source : sereconnecter.eu

Nathalie Neumann sur Google+

peur de l'abandon

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